Chapitre 16 en entier : "La démocratie, c'est le contraire de la tyrannie"

Publié le par Julia

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L
a démocratie, c’est le contraire de la tyrannie, penserait-on a priori. La démocratie, c’est la liberté, l’égalité, la justice et le respect des droits de chacun. Rien à voir avec la tyrannie, à première vue.


Oui… mais non !


La démocratie peut justement conduire à la tyrannie, ou au moins à des excès de pouvoir, d’après certains philosophes.

Tocqueville, par exemple, qui est pourtant tout sauf antidémocrate, nous dit que la démocratie peut engendrer le bien (la liberté) tout comme le mal (le despotisme). Des dérives sont toujours possibles de la démocratie vers

la tyrannie, selon lui. Pourquoi ? Parce que le danger en démocratie est que l’individu devienne amoindri et l’État trop puissant. En effet, l’émancipation par rapport à l’ordre de l’Ancien Régime fait que chaque homme est à présent un électron libre parmi les autres. Tocqueville redoute le repli sur soi de l’individu, qui risque de se consacrer en priorité à ses affaires privées et de moins s’occuper des affaires publiques. Est-ce une inquiétude infondée ? Pas forcément, si l’on considère aujourd’hui le taux d’abstentionnisme aux élections, par exemple…

Et quand on s’implique moins dans la vie collective, quelle peut être la conséquence ?

Eh bien, on s’en remet à l’État qui peut, du coup, devenir très puissant, voire trop puissant. La porte est ainsi ouverte au despotisme : les individus restant à l’écart des affaires publiques, l’État étend sans cesse les règles qui encadrent la vie sociale, et ce contrôle grandissant peut mettre à mal toutes les vertus qu’on prête à la démocratie. On décide pour nous, des charges fiscales et sociales qui nous incombent, de l’interdiction de faire telle ou telle chose (liberté), des privilèges accordés à certaines professions (égalité), des possibilités qu’on nous octroie

pour nous défendre contre certains abus (justice), de nos droits en général. Et après nous nous rebellons, nous ne pouvons plus vivre comme nous l’avions prévu, mais c’est trop tard…

Donc vous l’avez compris, « La démocratie est le contraire de la tyrannie », on peut l’espérer, mais pas l’affirmer ! La démocratie n’est pas forcément garante de liberté. Il faut se méfier de l’individualisme qu’elle favorise, qui peut conduire à la centralisation des pouvoirs politiques et à donner à l’État les pleins pouvoirs. Autrement dit, la vigilance est de mise : la démocratie est peut-être une condition nécessaire pour un système politique idéal, mais pas une condition suffisante…

« Il dépend des nations que l’égalité les conduise à la servitude ou à la liberté, aux lumières ou à la barbarie, à la prospérité ou aux misères. »  Tocqueville, De la démocratie en Amérique.

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more here 08/01/2015 10:02

In my opinion this is not the right way to defend against certain abuses. It is purposeless to even have a discussion on this. In general, if you go by the results to would be hard to predict an outcome considering what had happened last time.